Les Frères de la Charité récidivent

15/09/2017 - La branche belge des Frères de la Charité qui contrôle 15 institutions psychiatriques ... (Le Journal du médecin, 15/09/2017)


La branche belge des Frères de la Charité qui contrôle 15 institutions psychiatriques catholiques a réitéré le maintien de la possibilité d’euthanasier un patient psychiatrique qui n’est pas en phase terminale, au grand dam de la branche romaine de la Congrégation. Zorgnet rappelle qu’il applique la loi belge, l’Unessa insiste sur les deux ordres, juridique et éthique.

La branche belge des Frères de la Charité avait approuvé en mars dernier un texte rendant possible, sous de strictes conditions, l'euthanasie pour des personnes n'étant pas en phase terminale dans la quinzaine de centres psychiatriques gérés par l'ordre. René Stockman, le supérieurgénéral des Frères de la Charité à Rome, avait signalé qu'il ne partageait pas ce point de vue et avait porté plainte auprès du Vatican.
 
Mardi, Raf De Rycke, le président du provincialat des Frères de la Charité a maintenu sa position, ce qui met l’institution en crise par rapport au Vatican et à la Congrégation puisqu’il avait été encouragé vivement à suivre les préceptes de l’Eglise.

Interrogé par le jdM-AK, Peter Degadt, porte-parole de Zorgnet-Icuro, rappelle que la coupole flamande n'est pas liée aux Frères de la Charité. Elle s’en tient à sa vision de l’euthanasie datant de 2002, à savoir l’application dans tous les hôpitaux de la loi belge.
 
Pour Degadt, ce ne sont pas seulement les maux somatiques mais aussi les souffrances psychologiques insupportables qui forment, dans des cas exceptionnels, la base légale pour l’euthanasie.
 
David Lefèbvre, directeur général adjoint de l’Unessa (Union en soins de santé) qui affilie 300 structures de soins en Wallonie, pèse 20.000 lits et emploie 45.000 employés, met en balance deux ordres : l’ordre juridique et l’ordre moral et éthique. « La loi permet, sous strictes conditions, aux médecins de pratiquer l’euthanasie. Mais la loi permet également aux médecins qui
ne le souhaitent pas de ne pas la pratiquer. Nous sommes attentifs aux deux sensibilités dès lors que juridiquement, les deux sont acceptées. Par rapport à un membre qui se poserait des questions, nous prônons le dialogue dans le respect des deux ordres suscités. »
 
Nicolas de Pape


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